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Origine de Drummondville

Située à la charnière de la plaine rurale qui s’étend jusqu’au fleuve Saint-Laurent et des premiers vallons des Cantons de l’Est, Drummondville occupe une position de carrefour géographique par rapport aux villes de Montréal, Québec, Trois-Rivières et Sherbrooke.

Encore aujourd’hui, Drummondville garde des traces des différentes étapes de son histoire. Les manufactures ainsi que les institutions religieuses et publiques ont donné le ton à l’architecture de la ville.

Ces bâtiments côtoient harmonieusement des résidences bourgeoises et ouvrières. Tous ces éléments parlent non seulement du passé et du présent industriels de la ville, mais ils continuent à participer au développement de la communauté.


Une colonie de militaires

En juin 1815, le lieutenant-colonel Frederick George Heriot fonde une colonie sur la rive gauche de la rivière Saint-François, à 50 kilomètres de son embouchure. Elle portera le nom de Drummondville en l’honneur de Sir Gordon Drummond, administrateur intérimaire du Canada entre les sixième et septième gouverneurs.

Les autorités britanniques poursuivent un double objectif lorsqu’elles invitent des officiers et des soldats à coloniser les cantons du bas Saint-François après qu’eut pris fin la menace d’invasion par les Etats-Unis : d’une part, elles s’assurent de la présence de gardiens vigilants, prêts à prendre les armes dans l’éventualité d’une récidive des Américains et, d’autre part, elles permettent la mise en valeur de terres incultes qui avaient été arpentées quelques années auparavant.

Les vétérans se voient octroyer, selon leur état de service, entre 40 et 80 hectares de terre. De plus, on leur fournit des outils ainsi que des provisions pour une période d’un an.

Malgré cette aide substantielle, de très nombreux militaires, incapables de s’adapter au métier de défricheur-agriculteur, abandonnent le projet. Les autorités ouvrent alors la région aux Canadiens-Français qui doivent quitter la vallée surpeuplée du Saint-Laurent.

50 ans après sa fondation, soit en 1865, Drummondville ne compte que 40 familles, soit 183 habitants. Les maisons d’habitation ainsi que les établissements commerciaux se concentrent dans la basse-ville, alors que les institutions sont érigées dans la partie haute.

S’y retrouvent donc l’église et le presbytère de la communauté catholique,l’édifice abritant les locaux du bureau d’enregistrement et du palais de justice, ainsi que l’église de la communauté anglicane, seul de ces édifices à être encore visible aujourd’hui.

Les rues, tracées selon un plan orthogonal, portent les noms du fondateur Heriot et de ses compagnons d’armes, Brock, Loring, Cockburn. A Drummondville, pas de rues King, Queen, Prince ou Princess en l’honneur de la monarchie ,comme la coutume l’exige. C’est là une transgression qui mérite d’être soulignée!

Au XIXe siècle, les Watts, Hemming, Sheppard, Trent et Millar forment la classe dirigeante. Ils possèdent des résidences somptueuses, richement décorées et entourées d’agréables jardins. Elles ont pour nom Grantham Hall, Oatland Cottage, Fairymead, Wolly Cap Hall et Lord’s Farm. Cette dernière est la seule qui subsiste à ce jour.


Changement de cap

Faute de pouvoir compter sur un arrière-pays agricole prospère, le développement de Drummondville se fera grâce à l’exploitation des ressources naturelles. Profitant des immenses réserves de bois des forêts de la région, des entrepreneurs locaux mettent sur pied les premières industries qui exporteront leurs produits. On assemble les plus belles pièces de pin équarri pour en faire des radeaux qui descendent la rivière Saint-François, puis le fleuve Saint-Laurent, jusqu’au port de Québec.

Deux manufactures transforment le bouleau en bobines destinées aux filatures écossaises et on extrait de la pruche le taquin qui sert à apprêter les peaux crues pour en faire des semelles.

Pour assurer une distribution efficace de leurs produits, les entrepreneurs réclament un réseau de communication plus fiable que celui offert par les cours d’eau ou les routes de colonisation.

En cette seconde moitié du XIXe siècle, le rail apparaît comme le moyen le plus adéquat pour le déplacement des passagers et le transport des marchandises. En 1872, on inaugure un chemin à lisses de bois d’érable qui relie d’abord Drummondville à Sorel. On aura tôt fait de remplacer les lisses de bois par des rails de fer plus durables, de prolonger la ligne vers le sud pour rejoindre Sutton et s’intégrer au vaste réseau du Canadian Pacific Railway qui donne accès aux marchés de la Nouvelle-Angleterre.

Dans l’axe est-ouest, le Drummondville County Railway se greffe au réseau du Grand Trunk Railway à la hauteur de Sainte-Rosalie et à la ligne étatique de l’Inter-colonial à Lévis.

Drummondville se retrouve ainsi dans le fort achalandé corridor Montréal-Halifax.

(Collaboration: Yolande Allard)

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